mercredi 6 janvier 2010

Bono, le nouveau Lars Ulrich (en pire)

Tout le monde se souvient de la croisade anti-Napster menée il y a 10 ans par Lars Ulrich.
De nombreux fans de Metallica avaient alors réagi en brûlant ou piétinant des disques du groupe en place publique. Metallica a mis des années à redorer son blason, et aujourd'hui, c'est Bono qui se lance avec une grande maladresse dans la lutte contre le téléchargement illégal.

Que celui que certains avaient pressenti un jour (quelle rigolade!) pour l'obtention du Prix Nobel de la Paix en vienne, dans son dernier éditorial du New York Times, à faire l'apologie des méthodes de la censure chinoise me laisse totalement pantois...
Qu'un artiste défende son business est une chose normale, mais qu'il cache son avidité derrière une pseudo défense des artistes moins célèbres que lui est d'une rare hypocrisie.
Le donneur de leçon irlandais est le premier à défendre des causes, tout en domiciliant ses activités hors d'Irlande pour optimiser sa fiscalité. Les économies d'impôt réalisées par Bono sont-elles distribuées à des oeuvres caritatives ? Sont-elles affectées résorber la dette des pays pauvres ? Pas à ma connaissance...

Ne vous méprenez pas, je ne suis en aucun cas un militant du téléchargement illégal.
Je pense simplement qu'il arrive un moment où une industrie, quelle qu'elle soit, doit s'adapter aux évolutions de l'environnement et de la demande.

Oui, télécharger est du vol, mais avec des albums vendus 22 € dans le commerce traditionnel, qui peut encore acheter autant de disques qu'il y a 10 ans ?
Les sources de dépenses ont évolué, de nouveaux besoins sont apparus au fil des ans.
Les téléphones mobiles et les forfaits internet pèsent sur les budgets, et les dépenses inhérentes au logement et à l'alimentation ont également fortement augmenté.
En 20 ans, on est passé du 33 T à 60/70 francs au CD à 22 euros. Le coût de production a-t-il à ce point augmenté ? Bien au contraire !
Les prix des places de spectacle a également flambé et le budget consacré aux loisirs "musicaux" n'a pas pu suivre le rythme, générant des frustrations que les fans ont comblé grâce au téléchargement illégal.

Est-il trop tard aujourd'hui pour corriger le tir ? Peut-être, mais qui ne tente rien n'a rien. Stopper les téléchargements illégaux est une bonne chose, mais ce n'est pas pour autant que les ventes de musique se redresseront.
Les fans de musique ne sont pas des vaches à lait. Pour vendre plus, il faut vendre moins cher.
Les CD "nouveautés" devraient être à 14,99 € maxi et les fonds de catalogues à 6,99 €.
Passer le prix des chansons à l'unité en téléchargement légal à 0,79 € serait certainement aussi de nature à relancer la demande, tout en veillant à ce que l'achat d'un album en ligne ne revienne pas plus cher que le même album sur support physique.

7 commentaires:

rob a dit…

j'avais effectivement entendu l'info et cela m'a surpris de bono, l'avantage pour moi c'est que je n'ai pas de disques de U2...mais quand meme il demande plus de surveillance !!!! y'a plus de rock'n'roll.
La plupart des jeunes qui télécharge n'écoute pas la moitié de ce qu'ils ont et sont souvent pas tres exigent en qualité audio.
c'est de tout facon en live que les musiciens gagnent le plus .

MRROLLING a dit…

sur orange music un morceau 0,69 € ton voeux est réalisé

Anonyme a dit…

0,69 euro ?
Fo bien chercher !!
Moi j'y ai vu Angie à 1,29 !!!!!

Anonyme a dit…

En CD la plupart des nouveautés tourne autour des 12-14 euros. Et les albums nouveaux ayant pour cibles les 15-25 sont bien souvent à 9.99 euros (alignement sur le prix Itunes).

Ceci dit un cd à 1 euro sera de toute façon pus onéreux qu'un cd gratuit.

Pour moi il n'y a pas une solution miracle mais une addition de mesures à prendre.

Par exemple :

- favoriser la concurrence entre les plateformes de téléchargement légales

- organiser des démos hifi dans les Fnac et Virgin pour que les jeunes (et moins jeunes) reprennent le gout du son avec des vrai enceintes et puissent comparer un son MP3 d'un son non compressé

- rendre systématique la possibilité d'acheter dans un format de téléchargement non compressé (Flac par exemple)

- meilleure communication des maisons de disques sur leur métier (beaucoup pensent qu'elles sont uniquement là pour sucer le sang de l'artiste)

- et répression avec une loi Hadopi applicable sur le plan technique (c'est pas gagné).

Enfin il faut que chacun (industrie du disque, public, journalistes, politiques, public...) fasse définitivement le deuil des années fastes (70-80).
Plus aucun album ne se vendra autant que Thriller avant très, très, très longtemps.

Florent

Doc a dit…

Florent,

Je partage certains de tes points.

Sur internet, on trouve effectivement des albums nouveautés à 14/17 euros, mais il ne faut pas oublier qu'une frange non-négligeable de la population n'achète pas sur internet.
Quand je vois le dernier Renaud, sorti il n'y a pas 2 mois, vendu 22/23 euros dans bien des grandes surfaces, Boulanger et autres Cultura, je me dis qu'il reste de l'abus.

Les "jeunes", malins et qui téléchargent ou achètent leurs CD à l'étranger pour profiter d'un euro fort ne sont pas les seuls à faire baisser les ventes.

Les + de 50 ans ne téléchargent pas ou peu, mais n'achètent plus non plus autant de CD qu'avant.
Il y a donc bien un problème de prix.

Les albums "anciens" à 6.99 ou 20 euros les 4 devraient être une offre permanente, et non des promos intermittente sur des fractions de catalogues.

Quand un album physique est à ce prix, l'album dématérialisé devrait être encore moins cher.

Anonyme a dit…

Je vis en région parisienne et dans les fnac et virgin la plupart des nouveaux albums de pop music (au sens très large du terme) se vendent à moins de 15 euros.

A propos de l'achat à l'étranger, je pense que cette pratique doit être marginale d'autant que les frais de port consomment en grande partie l'économie réalisée sur le change.

Je pense également que les +50 ans et plus généralement les plus de 35 ans n'ont jamais été de gros consommateurs de disques. En France la musique c'est comme le cinéma, c'est surtout les jeunes qui sont la locomotive.
Et puis je ne suis pas persuadé que les plus de 50 ans téléchargent pas ou peu. Au Virgin le rayon CD musique françaises avec en tête de gondole J Hallyday, Hugues Auffray et Serge Lama est aussi désert que celui du hip hop ou du rock.
Leurs enfants ont du leur montrer comment faire...

Je note également que le fait qu'Itunes représente 3/4 de l'offre de téléchargement légal est malsain. Si la concurrence était davantage stimulée les prix baisseraient davantage.

florent

JiCé a dit…

Tout-à-fait d'accord également... Les gens de l'industrie du disque s'en sont mis plein les poches; le prix des places de concert a flambé; et maintenant ils viennent pleurnicher! Ce serait une bonne idée, et même un bon plan marketing, que lorsque l'on achète un disque on ait droit à une place de concert gratuite, avec. Bizarrement, aucun artiste ne semble y avoir pensé. Cela prouve leur cupidité...